![]() | ------------------------ Note Technique n°8 PHEMU 5/11/2002 ------------------------ |
1. Introduction
Pour informer les observateurs du type de données qu'
ils vont obtenir, nous nous proposons de montrer quelques courbes de lumière obtenues pendant
les précédentes campagnes d'observations. Nous analyserons ce qui a été obtenu selon le récepteur
ou selon les conditions d'observation. Nous verrons comment savoir si l'observation pourra
être utilisée ultérieurement dans un but théorique.
Voyons d'abord quelques courbes de lumière : la courbe de lumière de gauche est que vous devez
obtenir lors d'une observation d'un phénomène mutuel. La courbe de lumière de droite est
que vous ne devez pas obtenir!
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2. Courbes de lumière profondes (phénomènes non rasants)
Chaque phénomène est associé à une chute en magnitude spécifique qui peut varier
de 0 (phénomène rasant non observable) à 1 (phénomène total, par exemple
l'éclipse totale d'un satellite par un autre). En fait, la courbe de lumière fournit
le flux reçu par le seul satellite concerné quand c'est possible et par deux ou plus
satellites si ceux-ci sont très proches. Nous devons observer les
deux satellites concernés ensemble dans le cas des occultations, ou dans le cas
des éclipses (si on a la proximité d'un satellite
non concerné du satellite éclipsé). Dans les tables, nous avons calculé la chute
en magnitude considérant que nous observons seulement un satellite pour les éclipses
et deux satellites pour l'occultation.
Le résultat est que chaque courbe de lumière est caractérisée par sa chute en magnitude,
plus que par la nature de l'phénomène (l'occultation ou l'éclipse). Nous pouvons classer
les phénomènes en considérant que ceux dont la chute en magnitude est inférieure à 0.1
(l'extinction est de 10 %) sont rasants. Observez en priorité les phénomènes non rasants,
ils sont plus faciles à observer, réduire et analyser.
a) Rapport signal/bruit et temps d'intégration pour chaque point
Les exemples de courbes de lumière présentées ici, montrent que le bruit dans la courbe
de lumière peut varier énormément d'une observation à une autre. Comment optimiser l'observation
et réduire le bruit ? Le bruit dépend de plusieurs paramètres :
- conditions d'observation : la lumière mesurée à l'intérieur d'un diaphragme peut varier
à cause de l'agitation des images (la lumière est dispersée dans un diaphragme trop petit)
diminuant le rapport signal/bruit. Dans ce cas, la solution est d'augmenter la
taille du diaphragme.
- mesure du flux de lumière : la lumière est mesurée à l'intérieur d'un trop grand diaphragme
et le fond de ciel est trop fort (et il peut varier, réduisant le rapport
de signal/bruit). Dans ce cas, diminuez la taille du diaphragme.
- temps d'intégration : le flux de lumière est intégré pendant un temps trop court et la
scintillation de l'atmosphère mènera à une grande variation du flux de lumière d'un point à un
autre point de la courbe de lumière. Dans ce cas, augmentez le temps d'intégration, mais
soyez prudent pour obtenir suffisamment de points dans la courbe de lumière pour avoir
un bon échantillonage de la courbe lors de la réduction.
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c) La calibration de la chute en magnitude
Une courbe de lumière est, en fait, une série de chronométrages, chaque date étant associée
à un niveau de flux de lumière. L'unité de temps pour les dates doit être soigneusement
donné en Temps Universel. Par exemple, les secondes de temps s'écoulant à partir d'une date
UTC. L'unité pour le flux de lumière est très importante et doit être soigneusement calibrée. En
fait, nous devons connaître le flux reçu du satellite(s) pour chaque point de la courbe
de lumière. L'échelle doit être en flux de lumière en s'assurant que le niveau zéro correspond
à aucune lumière. La calibration doit être relative et il est nécessaire de fournir le flux
du fond de ciel (cf. Note technique n°3) et le flux du satellite(s) avant et après
le phénomène. Cependant, comparer plusieurs observations du même phénomène peut montrer
des incohérences. La chute en magnitude peut varier d'une observation à une autre d'un
même phénomène.
Dans ce cas, la calibration photométrique n'a pas été fait soigneusement et le récepteur
n'a pas été bien étalonné. Les exemples fournis ci-dessous montrent ce type d'incohérences.
Notez que les données brutes sont données en flux (0 à 1) alors que les données réduites
sont en magnitude(0 à l'infini).
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d) L'étalonnage de l'échelle de temps
Chaque point de la courbe de lumière
doit être repéré en
UTC par un signal radio ou par l'horloge interne vérifiée juste avant et juste après le phénomène.
Ce n'est pas si facile et vous devez éviter le cas ci-dessous. Tous les sites d'observation
ont mesuré le maximum du phénomène au même moment sauf un site dont le chronométrage diffère
des autres de plusieurs minutes de temps. L'observation sera inutile et rejetée.
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e) L'ajustement des courbes de lumière : l'échantillonage optimal de chaque
courbe
Le but de la réduction est d'ajuster les courbes de lumière à un modèle pour transformer
les données photométriques en positions relatives astrométriques. Il faut
d'éviter un échantillonage trop restreint de la courbe de lumière pour obtenir assez
de points pour le traitement. Les exemples ci-dessous montrent plusieurs tentatives d'ajustement
de quelques courbes de lumière.
3) Les courbes de lumière de faible amplitude
La proportion de signal/bruit
Un phénomène rasant avec une faible chute en magnitude peut être
intéressant aussi. Tous les problèmes montrés ci-dessus doivent être impérativement résolus.
Sinon, les courbes de lumière ne seront pas utilisables. Les exemples ci-dessous montrent
les mêmes
problèmes que pour les courbes de lumière de forte amplitude. Cependant, ils peuvent être
résolus et des
bonnes courbes de lumière peuvent être ainsi obtenues.
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4) L'influence des récepteurs
a) L'échantillonage de la courbe de lumière
Le choix de l'échantillonage de la courbe de lumière dépend du récepteur.
Nous devons déterminer comment se fera l'acquisition par le récepteur :
début du temps d'intégration, fin, lecture
du flux de lumière mesuré, début de la mesure suivante, etc ... Le temps mort consacré à la
lecture du flux de lumière mesuré doit être le plus faible possible. Les exemples ci-dessous
montrent les courbes de lumières obtenues avec plusieurs échantillonages différents. Notez
que l'échantillonage peut être réduit ensuite par logiciel.
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En fait, n'importe quel récepteur
photométrique rapide peut être employé pour l'observation des phénomènes mutuels.
Rapide signifie qu'il sera possible d'obtenir assez de points pour avoir
un bon échantillonage de la courbe de lumière.
L'échantillonage de la courbe de lumière dépendra de la durée du phénomène.
Les exemples ci-dessous montrent l'influence du nombre de points enregistrés selon la
durée des phénomènes.
Une autre nécessité pendant une observation photométrique est d'enregistrer des objets de
référence pour la comparaison. Nous verrons dans le paragraphe suivant que les récepteurs
bidimensionnels sont très efficaces pour cela.
Nous montrons plusieurs exemples de courbes de lumières faites ou avec un photomètre à une voie
ou avec un récepteur CCD. Nous montrons aussi des observations faites avec d'autres types
de récepteurs, des observations même visuelles pour la comparaison.
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5) L'influence de la transparence du ciel
a) Les courbes de lumières enregistrées avec de mauvaises conditions météorologiques
Puisque nous ne choisissons
pas l'instant de l'observation, les nuages peuvent arriver pendant les observations. Plusieurs
cas peuvent se produire. Le meilleur cas est le passage d'un "petit" nuage, occultant une
petite partie de la courbe de lumière qui peut ensuite être interpolée (cela arrive aussi
en interrompant
l'observation pour enregistrer un objet de référence). Une absorption progressive mènera
à une courbe de lumière ayant besoin d'être recalibré supposant que le niveau de lumière
du satellite est le même avant et après le phénomène. Un modèle de l'absorption doit être
adapté et soustrait de l'observation. On trouvera des exemples ci-dessous.
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L'utilisation d'un récepteur bidimensionnel est un outil puissant
pour faire des observations avec des mauvaises conditions météorologiques et pendant le
crépuscule. L'exemple suivant (J-1 éclipse J-2 le 22 avril 1991, à l'observatoire de Meudon)
montre ce que l'on peut obtenir: le crépuscule est prédominant sur la courbe de lumière et
le fond de ciel doit être impérativement retiré. Ensuite, de petits nuages ont gêné l'observation
qui a été rétablie grâce à l'enregistrement d'un satellite de référence supposé stable pendant la
durée du phénomène. le résultat est très bon vues les conditions.
6) Quelques problèmes arrivant pendant l'observation
Les courbes de lumières
ci-dessous montrent une interruption pendant le phénomène. En fait cela peut arriver
pour plusieurs raisons : quelques problèmes dans le récepteur et système d'enregistrement;
un arrêt du guidage du télescope nécessitant de retrouver de nouveau le satellite occulté
ou éclipsé. Si l'interruption est courte, la courbe de lumière sera utilisable. Si seul le
maximum du phénomène est enregistré, la calibration ne sera pas possible sauf si le satellite
est enregistré en dehors de la période du phénomène. Cependant, une observation même partielle ne
doit pas être rejetée, mais conservée pour vérifier l'échelle de temps d'une courbe de lumière du
même phénomène faite dans un autre site d'observation.
Dans certains cas, l'interruption est faite intentionellement pour enregistrer le fond
de ciel, ou le satellite de référence. Cela est nécessaire dans le cas où l'enregistrement ne
concerne que le seul satellite occulté ou éclipsé sans référence dans le même champ
et seulement dans le cas d'un phénomène très long(plus d'une demi-heure) pour mesurer
l'absorption ou le fond
de ciel s'ils changent rapidement (crépuscule, brouillard...).
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Les courbes de lumières présentées
ci-dessous sont rares et seront difficiles à réduire et à ajuster à un modèle.
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de conserver une bonne précision photométrique pendant si longtemps. |
8) Filtres
Nous n'avons pas indiqué l'influence des filtres employés pour l'observation. En fait,
un filtre rouge éliminera une partie du fond de ciel. Quelques filtres spécifiques
sont capables d'éliminer la lumière du Jupiter pour des phénomènes arrivant près du limbe de
la planète, mais pensez alors qu'un filtre étroit diminuera le niveau du flux de lumière mesuré.
Heureusement, les satellites Galiléens sont brillants. L'observation dans les longueurs
d'ondes infrarouges est intéressante aussi, mais l'observation est beaucoup plus difficile
et les observateurs doivent connaître les problèmes liés à ces observations.
9) Conclusion
Pour conclure, pendant l'observation des phénomènes mutuels des satellites Galiléens, tout
peut arriver. Les exemples donnés ci-dessus doivent vous aider à analyser vos premières
observations et, si nécessaire, améliorer la technique d'observation que vous employez.
Une bonne utilisation de votre télescope et de votre récepteur vous permettra d'obtenir des
observations excellentes. L'observation elle-même n'est pas difficile : les satellites Galiléens
ont une magnitude d'environ 5 à 6.