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Note Technique n°4 PHEMU 04/11/2002 ------------------------ |
1. Introduction
Le but des observations des phénomènes mutuels des satellites
galiléens est d'enregistrer la variation rapide de la lumière
reçue de ces satellites. Les récepteurs qui sont bien adaptés
à ce type d'observation sont les photomètres photoélectriques
rapides. Cependant, les récepteurs bidimensionnels comme les caméras
vidéo CCD ou les caméras à tube TV sont intéressants
pour l'enregistrement de ces événements. Particulièrement
pour des amateurs, ils permettent d'enregistrer facilement les observations.
La note présente ne décrit pas les méthodes devant
être employées pour la réduction des observations,
mais fournit des indications et de l'aide pour faire des observations avec
ce type de caméra. L'utilisation de convertisseurs analogiques-digitaux
comme celui développé à IMCCE (le système AVIA)
s'avérera utile pour la réduction.
2. Le matériel
L'enregistrement d'un phénomène mutuel est délicate et nécessite de suivre quelques règles qui permettront d'obtenir un enregistrement utilisable pour l'obtention de données utiles pour l'étude de la dynamique des satellites galiléens. La première chose est la caméra qui doit produire un signal composite vidéo noir et blanc (à la norme CCIR) ou un signal couleur PAL, NTSC ou SECAM. La deuxième chose est l'enregistreur magnétoscope sur lequel on connectera un microphone permettant d'enregistrer ce qui arrive pendant l'observation ainsi que les signaux d'une horloge audio (cf. figure 1).
a) La caméra
N'importe quelle caméra vidéo peut être employée mais il est préférable qu'elle ne soit pas équipée d'un gain automatique non débrayable. Cela rendrait difficile l'analyse photométrique du signal à moins de construire la courbe de réciprocité flux/signal. Les caméras CCD sont maintenant employées dans le monde entier. Elles sont plus petites que les vieilles caméras à tube de TV et plus fiables pour la photométrie et pour les caractéristiques géométriques des cibles. Nous devons mentionner ici que nous parlons de caméras CCD non refroidies. Ce n'est pas un problème à cause du vidage rapide de la cible du fait de la norme CCIR (50 demi-images entrelacées par seconde enregistrée analogiquement par le magnétoscope). La caméra vidéo doit être fixée sur le télescope directement dans le plan focal. Il est préférable d'éviter tout système optique entre le télescope et la caméra. Cependant, si le champ est trop grand en raison d'une longueur focale trop courte de l'instrument, il peut utile d'ajouter des lentilles pour augmenter la longueur focale et avoir sur l'image des satellites bien séparés et éviter la présence de Jupiter dans le champ. Si les satellites sont trop brillants, un filtre peut être employé (cf. le paragraphe 3.a).
b) Le chronométrage des phénomènes
Comme on l'a recommandé dans des notes techniques précédentes, il est nécessaire que chaque observation soit correctement reliée au Temps Universel à 0.1 ou 0.2 seconde de temps près. La meilleure voie pour cela est l'utilisation d'une horloge incrustée dans chaque image et qui sera soigneusement calée sur le Temps Universel (on vérifiera à la fin de l'observation que c'est toujours correct).

c) Le magnétoscope
Un magnétoscope standard VHS (avec des têtes propres et des bandes vidéo neuves) permet de faire un enregistrement utile. Quelques standards vidéo améliorés (S-VHS ou Hi 8) ou professionnel (U-Matic) permettent d'obtenir un enregistrement de meilleure qualité. Des bandes courtes (1 ou 2 heures de temps) sont moins fragiles. La position noir et blanc doit être employée quand elle existe; utilisez sinon le mode PAL. Notez qu'une caméra couleur n'a aucun intérêt. Le S-VHS, Hi 8 ou les formats d'U-matic peuvent augmenter la résolution en employant la position noir et blanc.
d) Le moniteur
Un moniteur d'écran de TV sera connecté à la sortie
du magnétoscope pour vérifier ce qui sera enregistrée.
Il est utile de marquer sur l'écran la position des satellites impliqués
pour les tenir toujours à la même place sur la cible en guidant
le télescope chaque fois qu'il est nécessaire comme nous
faisons avec un photomètre classique pour tenir les satellites dans
le diaphragme. Par la suite, la réduction sera plus facile.
3. L'observation
Les notes techniques PHEMU décrivant les techniques photométriques d'observation (note n°3) doivent être lues soigneusement. Les principes doivent être appliqués pour n'importe quel récepteur. Il est nécessaire de suivre les mêmes règles dans tous les cas.
a) Choix du gain et/ou de la sensibilité
L'enregistrement doit être fait dans une zone linéaire
de la sensibilité ce qui est normalement le cas avec des caméras
CCD. Cependant, les objets observés ne doivent jamais saturer la
cible.
Si la caméra est équipée d'un contrôleur
de gain, il est important de choisir un niveau pour lequel la saturation
ne sera jamais atteinte pour les satellites pendant le phénomène.
Soyez prudent quand le Jupiter est après son lever et quand l'absorption
diminue continuellement . Soyez prudent aussi pour le fond de ciel quand
le Soleil est juste avant son lever. Dans le cas où il n'est pas
possible de choisir la sensibilité (celle-ci doit cependant être
maintenue constante pendant toute l'observation) on emploiera des filtres
pour éviter la saturation. Il faut essayer les différentes
possibilités avant l'observation des phénomènes. Les
simulations doivent être faites plusieurs jours avant principalement
pour des phénomènes arrivant pendant le crépuscule.
N'oubliez pas que la variation du fond de ciel est exponentielle. L'utilisation
d'un filtre R ou I est très intéressante car elle diminue
la brillance du ciel.
b) Le déroulement de l'observation d'un phénomène mutuel
- Objets de référence :
Pendant une éclipse mutuelle, seul un satellite est impliqué
: dans le champ, le satellite éclipsant sera visible la plupart
de temps. Il sera intéressant de le tenir dans le champ pour avoir
un objet de référence disponible permettant pour corriger
une absorption variable. Dans le cas d'une occultation (ou si le satellite
éclipsant est trop proche ou trop loin du satellite éclipsé)
les satellites occultant et occulté seront observés ensemble.
Avant et après l'occultation, ils seront observés séparément,
mais, pendant l'occultation, il sera intéressant de mettre dans
le champ un troisième satellite qui sera l'objet de référence.
Si cette configuration n'est pas possible, deux cas peuvent arriver : premier
cas, le phénomène est court (moins de 15 minutes). Alors
l'objet de référence sera enregistré seulement auparavant
et après le phénomène. Deuxième cas, l'événement
est plus long (plus de 15 minutes); alors il sera possible de déplacer
le télescope toutes les 3 ou 6 minutes vers l'objet de référence
si celui-ci n'est pas trop loin (il sera nécessaire de trouver les
objets rapidement pour ne perdre que le minimum de phénomène).
- Durée de l'observation :
Il est important d'enregistrer assez de signal autour du phénomène
proprement dit fourni dans les prédictions. L'analyse du signal
avant et après le phénomène permet d'apprécier
la qualité du signal et d'avoir une meilleure réduction.
dans le cas d'une occultation, il est intéressant d'enregistrer
les satellites longtemps avant le phénomène pour obtenir
des positions astrométriques lors du rapprochement. Si la durée
de l'événement est de "N" minutes et si les conditions d'observation
sont bonnes (hors crépuscule, grande hauteur au-dessus de l'horizon),
l'observation peut se dérouler comme suit :

c) Règles importantes
Gardez à l'esprit que le Temps Universel doit être enregistré
pendant toute l'observation pour chaque image. Un signal audio peut être
enregistré par le microphone pendant toute l'observation. Si le
signal de temps est enregistré de temps en temps (non continuellement)
il faut veiller à ne pas arrêter le magnétoscope même
pendant le déplacement du télescope d'un objet à un
autre, puisque le chronométrage des images se fera sur le défilement
du magnétoscope. Si le magnétoscope doit être arrêté
pour n'importe quelle raison, notez-le et faites de nouveau l'enregistrement
du Temps Universel.
4. La réduction des observations
Même si la stabilité des observations faites à l'aide
d'un récepteur vidéo et enregistrées sur un magnétoscope
n'est pas d'un haut niveau, la réduction des observations peut donner
des résultats très satisfaisants. Le problème principal
viendra du gain du récepteur qui peut ne pas être linéaire.
Cela pourrait être vérifié : une fonction de réciprocité
peut être construite ou avec des étoiles de type solaire ou
avec des sources artificielles bien calibrées dans un laboratoire.
Une telle fonction doit être disponible pour la réduction
pour reconstruire la vraie courbe de lumière du phénomène
avec une chute en magnitude bien déterminée. Ensuite, la
réduction sera faite selon le paragraphe 3 de la Note Technique
n°5.
5. Autres observations
Un récepteur bidimensionnel permet de faire un autre type d'observation
intéressante comme suit :
- Des approches (appulses) entre des astéroïdes et des
étoiles lors d'occultations sont observables souvent. Chaque année
plus de 30 occultations peuvent être observées d'un site donné.
Le but est d'observer les occultations stellaires qui, contrairement aux
phénomènes mutuels, sont observables seulement dans des secteurs
géographiques limités. Ces observations permettent d'obtenir
des données fournissant des informations sur la structure et la
forme des astéroïdes. Ces observations sont réalisées
simultanément par plusieurs observateurs dans un un réseau
comme EAON en Europe. Les observations faites à l'aide d'une caméra
vidéo fournissent des images et, si la magnitude des objets observés
est suffisante, elles permettent l'interprétation des observations
faites par les autres observateurs du réseau observant la plupart
de temps avec un photomètre photoélectrique ou à l'oeil
nu.
6. Conclusion
Les récepteurs bidimensionnels comme les caméras vidéo
fourniront les données très utiles d'observation des phénomènes
mutuels. Cependant, les observateurs doivent être sûrs que
les recommandations fournies dans la présente note sont strictement
appliquées. Alors, l'exactitude photométrique des données
aura un bon niveau.
Le système AVIA développé à l'IMCCE est
fait pour la réduction d'observations vidéo par conversion
analogique/digitale. Les observateurs peuvent entrer en contact avec nous
pour plus de détails sur la procédure de réduction.
Les exemples de courbes de lumière obtenues par des caméras
vidéo sont disponibles sur le serveur de l'IMCCE dans les catalogues
des observations faites pendant les campagnes précédentes
et dans la Note Technique n°8.